Donner la vie en 2020 : Récit de mon accouchement

Je suis heureuse d’avoir porté Louis jusqu’au terme et même plus qu’au terme puisqu’il est né à 41 semaines et trois jours. J’ai profité jusqu’au bout de l’avoir rien que pour moi. Et puis j’ai tant aimé mon ventre,  je ne me suis jamais sentie aussi belle qu’enceinte. Je me suis sentie femme pour la première fois en 29 ans. Je suis devenue Maman le 08 août 2020 à 06H59.

Projet de naissance : Le but d’un projet de naissance est de préparer en amont son accouchement. Il est tout à fait possible d’en discuter avec son gynécologue ou sa sage femme afin de voir les différents scénarios possible.

 » Que l’accouchement soit médicalisé ou non, on peut émettre des souhaits. »

J’ai accouché dans une maternité publique et celui-ci a été très bien pris par la sage femme (d’ailleurs c’est elle qui me l’a demandé lors de la consultation le jour de mon terme) afin que l’on en en discute. Nous avons repris les différents points et elle m’a expliqué ce qui serait possible ou non. Par exemple, je ne savais pas mais ma maternité n’autorise pas les papas en cas de césarienne d’urgence ou non et lors de la pose de la péridurale. Je fais confiance au corps médicale mais cela m’a rassuré de mettre à l’écrit différents points qui selon moi étaient importants à prendre en considération et le fait d’écrire permet de se projeter.

Je l’ai rédigé sur un document word avec trois parties (avant le travail – pendant le travail et à l’arrivée du bébé).

Vous pouvez retrouver mon projet de naissance ici ainsi qu’une trame vierge : PROJET DE NAISSANCE .

être enceinte durant la crise sanitaire

Même si je suis tombée enceinte sur la fin d’année 2019, j’ai vécu la plus grande partie de ma grossesse sur cette année 2020, et quelle année ! D’ailleurs si je devais résumer en un seul mot le fait d’avoir été enceinte durant la crise sanitaire et plus particulièrement pendant le confinement : SOLITUDE.

Ni mes parents, ni mes grands parents ne m’ont vu enceinte, juste mes beaux parents et ma belle soeur deux fois au premier déconfinement et quelques semaines avant d’accoucher. Quelle tristesse ! J’ai clairement l’impression que ce foutu COVID m’a volé de précieux moments en famille ! 

La crise sanitaire a aussi rendu mon suivi de grossesse plus compliqué. En effet Flo n’a pas pu assister à toutes les échographies, heureusement que j’étais suivie tous les mois. Nous n’avons pas pu visiter la maternité avant l’accouchement et les cours de préparation à l’accouchement, pour la plupart se sont passés en visio (ce qui les a rendu moins pertinents.)

ET si bébé arrivait après le terme ?

Il faut savoir qu’en France le terme est fixé à 41 semaines de grossesse. La veille de mon terme j’ai donc appelé ma maternité afin d’avoir un rendez-vous pour le lendemain (jour du terme : 04 août) pour faire le point. C’est un rendez-vous classique : échographie pour vérifier que le bébé ai assez de liquide amniotique, monitoring d’une vingtaine de minutes et toucher du col.

Ma maternité part du principe qu’il faut avoir accouché maximum une semaine après terme à savoir le 11 août pour moi, et pour un premier bébé on parle de déclenchement à J+5 si le travail ne se met pas en route naturellement.

Alors jusqu’à 41 semaines de grossesse, si rien ne se passe on garde patience et, à partir de là rendez-vous tous les deux jours à la maternité : monitoring et toucher du col pour moi (06 août).

06 AOÛT 2020 : J’ai eu de la chance, j’ai vu la même sage-femme qu’au premier rendez-vous, elle m’a de nouveau ausculté : monitoring et toucher du col, contrairement au premier rendez-vous mon col avait légèrement bougé mais le travail n’avait pas du tout commencé. Elle a commencé à m’expliquer la suite (dans l’hypothèse où je n’accouchais pas avant) : Hospitalisation le samedi 08 août au soir pour un déclenchement soit le samedi soir soit dimanche matin.

FINALEMENT ...

Dans la nuit du jeudi 06 août au vendredi 07 août j’ai commencé à ressentir les premiers contractions, douloureuses mais absolument pas régulières … Mais je sentais que le travail se préparait.

  • Pour noter mes contractions, j’ai utilisé l’application « notes » de mon téléphone et je notais dessus chaque heure/minutes de contractions et je notais également si je prenais un spasfon.

C’est dans l’après midi que celles-ci se sont intensifiées mais surtout rapprochées. J’ai appelé la maternité une première qui m’a conseillé d’attendre encore un peu, ce n’est que vers 19H que nous nous nous sommes dirigés vers la maternité. Ça y est nous allions rencontrer notre fils, j’étais excitée mais sereine, j’avais hâte mais à la fois j’avais envie de profiter de ces derniers instants à 2, et ces derniers instants avec mon bébé rien que pour moi.

Une fois arrivée à la maternité, j’ai de suite été prise en charge par une adorable sage femme : bandelette urinaire et toucher du col, le col est ouvert à 2 ! Elle m’a donc installé dans une chambre, le temps que le travail évolue tranquillement et m’a placé sous monitoring pour surveiller les contractions.

J’ai perdu les eaux un peu après 22H, la sage femme m’a de suite proposé de m’installer en salle de naissance pour que l’anesthésiste puisse me poser la péridurale. Concernant la péridurale je m’attendais à pire (comme quoi il faut arrêter d’écouter tout et n’importe quoi, chaque expérience est différente), j’ai eu plus de difficultés à gérer mes contractions que peur de l’aiguille.

La nuit a été douce et calme, le col s’ouvrait progressivement nous étions tous les deux dans notre bulle avec Flo … Sans trop se rendre compte que nous allions faire la plus belle rencontre de notre vie. Louis nous aura fait quand même deux belles frayeurs, il a eu du mal à supporter l’ocytocine et son coeur a ralentit à deux reprises.

Jusque là … Dans l’ensemble tout était parfait !

COVID DE M**** , MASQUE DE M****

Complètement dilatée, il faut y aller ! Pieds sur l’étrier, maintenant il faut pousser ! J’ai commencé à pousser mais je n’y arrivais pas, j’avais le masque et quand la sage femme me demandait de pousser : Soit j’allais m’évanouir soit vomir. Je n’ai pas eu le droit d’enlever le masque, je devais pousser avec un masque de m**** sur le visage (Mais comment voulez vous que je respire là dessous, j’étouffais !) La sage femme a commencé à s’agacer car sa garde allait bientôt se terminer et Flo lui a dit assez sèchement que vu la couleur de mon visage je ne pouvais malheureusement pas faire mieux …

C’est là … qu’une, deux, trois, quatre, cinq … presque 10 personnes sont rentrées dans la salle je ne me souviens plus exactement ! C’était soit on partait en césarienne car ça faisait trop longtemps que j’avais commencé à pousser, soit les forceps … ! (Ah oui j’avais oublié de vous dire Louis était estimé à plus de 4 kilos donc le gynécologue voulait s’assurer que tout soit ok.)

Les gynécologues ont été assez douces, merci la péridurale je n’ai rien senti et surtout je n’ai pas essayé de regarder. Louis est né à 06H59 grâce aux forceps pas grâce à moi … ! je m’en suis terriblement voulu les quinze premiers jours … Je me sentais nulle de ne pas avoir mis au monde seule mon fils, je m’en voulais qu’il soit né marqué au visage par ces fichues cuillères. Parfois, le sujet est encore sensible, quelle frustration de ne pas voir pu mettre au monde mon fils dans de meilleures conditions.

Les premières semaines ont été assez difficiles psychologiquement, j’ai eu du mal à digérer cette fin d’accouchement, je m’en suis voulue. Puis j’ai beaucoup échangé avec des mamans & mes proches qui m’ont aidé à accepter la situation.

Je me suis clairement sentie concernée par cet article (lire ici).

et le post partum dans tout ça ?

 » Physiquement «  je n’ai pas souffert de l’accouchement. J’ai eu des lochies* pendant quasiment un mois, mais peu abondantes, du moins pas comme je l’avais imaginé.

Il s’agit d’un écoulement utérin, mélange de sang, de liquide et de minuscules fragments de membranes, qui dure 2 à 3 semaines après l’accouchement, le temps que l’ utérus retrouve sa taille d’origine (cette sécrétion signifie que la plaie faite par le placenta sur la paroi utérine est en train de cicatriser).

J’ai repris la pilule 21 jours après l’accouchement, elle s’appelle Optimizette elle est micro dosée et compatible avec l’allaitement. Je n’ai pas eu de retour de couches mais c’est normal l’allaitement le retarde. Je n’ai pas perdu tous mes kilos de grossesse, du moins je ne pense pas, j’avoue ne pas m’être focalisée sur mon poids, ce n’est qu’un chiffre. Je me sens bien dans ma peau c’est le principal !

Psychologiquement, les premier temps ont été un peu compliqués entre la frustration de cette fin d’accouchement et le tsunami d’émotions … J’ai perdu les pédales quelques fois. Pleurs, angoisse, peur … Mais avec le recul je me dis que c’est tout à fait normal, la chute d’hormones n’est pas toujours évidente à gérer. Aujourd’hui, je vais mieux et je suis épanouie dans mon nouveau rôle de maman.

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2 Commentaires

  1. Wandycaroline
    janvier 2, 2021 / 9:38

    Comme toi, j’ai accouché avec les forceps et ça a été dur à accepter. J’ai trouvé la méthode assez traumatisante et je m’en suis beaucoup voulu de voir mon fils avec des marques sur le visage :(. D’ailleurs, après la naissance nos familles voulaient des photos et je voulais pas à cause des marques. J’ai fini par envoyer une photo où ça se voyait le moins :/.
    C’est encore dur pour moi quand j’y repense mais je commence à digérer cet événement.

  2. janvier 2, 2021 / 10:08

    Je ne m’étais pas renseignée non plus et j’ai découvert le jour J que cx rousse n’accepte pas les papas en césarienne et ça restera un souvenir très difficile pour moi comme pour mon chéri…il n’a rien compris de ce qui ce passait, et quand la puer est revenue seule dans la salle d’attente avec mon bébé mais sans moi, qui me faisait recoudre, il a eu la peur de sa vie !
    Je penserais à demander la prochaine fois !

    Pour la sensation de ne pas avoir été capable de faire venir ton bébé au monde toi-même, je ne peux que comprendre… j’ai eu un accouchement horrible (mais heureusement avant covid) et j’ai aussi beaucoup culpabilisé de ne même pas avoir pu pousser…alors toi en plus avec le masque.. franchement tu peux être fière d’avoir fait tout ce que tu pouvais dans de telles conditions !
    Même plusieurs mois après, n’hésites pas à en parler, et même pourquoi pas à un pro, ça aide beaucoup (surtout si comme moi tu as tendance à somatiser tes émotions, ça peut refaire surface longtemps après). Et aussi beaucoup beaucoup en parler à ton bébé, lui expliquer comment et pourquoi ça s’est passé, ce que tu as ressenti pendant et après, que ce n’est pas sa faute, etc… je suis sûre que tu le fais déjà 🙂

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